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VNF en actions pour le castor

La problématique relative aux espèces protégées, notamment les castors, prend de plus en plus d’ampleur au sein des Voies Navigables de France (VNF). Ce rongeur avait quasiment disparu en France à la fin du XIXè siècle. Depuis 1968, c’est une espèce protégée.

La Direction territoriale Nord-Est (DTNE) de VNF fait partie du comité de pilotage du Plan régional d’Actions en faveur du castor sur la région Grand Est. Il s’agit d’un document de cadrage du suivi et de la gestion du castor. L’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) et la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) sont copilotes de la rédaction de ce guide, en cours de finalisation.

Une fiche action spécifique est pilotée par la DTNE. Il s’agit de prendre en compte le castor dans le cadre des activités de VNF afin de concilier les enjeux de sécurité, d’exploitation et d’entretien des canaux et des cours d’eau navigués avec la préservation de l’espèce.

Pour certains travaux (perturbation intentionnelle lors de chômage ou destruction d’habitat), sa prise en compte doit se faire en amont. Ces travaux peuvent nécessiter des demandes de dérogations soumises à des délais d’instruction pouvant être d’un an.

Pour ne pas perturber le castor, sur les sites où un gîte est présent, VNF évite de réaliser des travaux entre mars et septembre, période de reproduction et de sevrage des petits. Lors des travaux, les gîtes sont matérialisés avec de la rubalise : il n’y a pas d’intervention dans un rayon de 20 à 30 m autour des gîtes.

Si la présence de l’espèce n’est pas détectée à temps, il y a risque de blocage et report des travaux, mais aussi un risque juridique si l’espèce n’a pas été détectée et que les travaux sont réalisés, ou en cours de réalisation. En effet, en vertu de l’article L 415-3 du code de l’environnement, une amende de 150 000 euros et une peine d’emprisonnement d’une durée maximale de 2 ans peuvent être encourues en cas d’atteinte à une espèce protégée ou à son habitat.

 

Création de gîtes de substitution

La présence d’un gîte en configuration digue est très impactant pour la stabilité de l’ouvrage, qui est construit pour résister à la pression de l’eau (retenue dans le canal). Le gîte en digue constitue une cavité dans la structure de l’ouvrage, qui le fragilise et provoque des fuites sur le talus aval et un risque de rupture à terme.

Suite à la découverte d’une fuite sur une digue de canal de navigation, VNF a obtenu un arrêté préfectoral autorisant à déroger aux interdictions de destruction de site de reproduction du castor. En mesure de compensation, VNF a créé deux gîtes de substitution.

 

Gites détruits après dérogation

Gites reconstruits

 

Création de rampe

Pour assurer la continuité écologique, sur certains sites, VNF a créé des rampes permettant aux castors de sortir de l’eau. Ces rampes sont également utilisées par d’autres animaux.

Rampe à Tonnoy

Aménagement en terre sur le bief de partage du canal des Vosges

 

Aménagement pour diminuer la mortalité des castors due aux collisions routières en lien avec la proximité de la voie d’eau

Dans un contexte très imbriqué de voies d’eau et de routes sur quelques communes du bassin de la Moselle en Meurthe & Moselle (Messein à Tonnoy), les cas de mortalité de castor ne cessent d’augmenter, l’espèce vivant dans les premières et empruntant les secondes.

Sur certains sites identifiés et en collaboration avec le l’Agence Française de la Biodiversité (AFB), le Centre d’études et d’Expertise sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement (CEREMA) et le service des routes du Conseil Départemental, des aménagements ont été réalisés sur le canal des Vosges à Richardménil, aux abord de la D115, visant à empêcher la remontée des animaux.

Avant aménagement : Le castor passe du canal (bief 46 canal des Vosges à Richardménil), en traversant la D115, pour rejoindre la rigole d’alimentation.

Après aménagement : La végétation (rejets de ligneux) qui servait de « marchepied » au castor a été recepée et la berge a été restaurée.

 

Abattages préventifs

Le Castor est le plus gros rongeur d’Europe. Il est exclusivement végétarien. Il consomme aussi bien l’écorce, les feuilles, les jeunes pousses, les hydrophytes, les fruits, les herbacées. Il est opportuniste et consomme de nombreuses espèces d’arbres différentes selon les disponibilités. Il préfère toutefois le bois tendre (saule et peuplier), il peut également consommer des pommes et du maïs. Un adulte a besoin d’environ 2 kg de matière végétale ou 700g d’écorce par jour. Il coupe des branches dont il utilise les feuilles et l’écorce pour se nourrir.

Au printemps et en été, le castor se nourrit de verdure, mais en automne et en hiver, l’absence de feuille l’amène à consommer l’écorce des arbres qu’il abat. Il consomme de préférence des saules et autres arbres à bois tendres (peupliers, bouleaux...), mais peut s’attaquer à toute essence d’arbres. C’est pendant ces périodes que les chantiers d’abattage d’arbres sont les plus visibles. Sur les secteurs où la présence de castor est avérée, les arbres sont vulnérables et les chutes d’arbres accentuent le risque pour les usagers du canal, les riverains, ou les biens situés à proximité, en créant des embâcles susceptibles d’occasionner des dégâts aux bateaux.

VNF réalise des abattages préventifs en début de période hivernale. Le bois coupé est maintenu en place, en dehors des zones inondables pour que le Castor n’ait plus besoin d’abattre d’autres arbres pour se nourrir.

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